Un verger, qu’est-ce que cela vous évoque ? Selon les époques et les régions, le verger revêt des apparences totalement différentes. Du pré-verger de pommier à cidre normand, au verger intensif moderne, en passant par les joualles du sud-ouest où l’on associait des vignes avec d’autres arbres fruitiers, l’Homme n’a eu de cesse de faire preuve d’ingéniosité pour intégrer l’arbre fruitier à ses cultures et à sa vie, dans laquelle ce dernier a tenu une place centrale. On s’en servait alors pour tout : se nourrir, se chauffer, se loger, nourrir les bêtes…

Aujourd’hui, les arbres ont perdu la dimension centrale qu’ils occupaient. Quoi de plus banal qu’un arbre dans le paysage ? Pourtant, ils sont capables de nous fournir de nombreux services, au jardin comme dans la vie. Ils sont productifs, nourriciers, stockent du carbone, produisent de la fertilité, hébergent des animaux, des insectes, des bactéries, des champignons… L’arbre est une source inépuisable de contemplation, de réflexion, et un modèle pour nos sociétés.

Francis Hallé, célèbre biologiste et spécialiste de l’arbre en milieu tropical a dressé le cahier des charges imaginaire que respecterait un arbre s’il était une construction architecturale : « Une hauteur de 60 mètres, sur une surface au sol ronde, de 2 mètres de diamètre. Le tiers supérieur du bâtiment équipé d’une surface souple, découpée et bien fixée, de panneaux solaires d’une superficie de 15 hectares, régulant l’humidité, peints en vert et biodégradables. Des fondations de trois mètres de profondeur dans un sol meuble et très humide, vu les 3 mètres de précipitations annuels. Edifiée avec un matériau gratuit, prélevé sur place, de façon invisible et silencieuse, pour obtenir une construction capable de s’autoréparer en quelques mois et de se reproduire toute seule. Le tout tolérant – voire accueillant – les organismes vivants. Dernière chose : les plans [tiennent] dans une boîte de moins d’un centimètre de diamètre et il [suffit] de jeter cette boîte au sol pour démarrer la construction… »

En le décrivant de cette façon, l’arbre revêt une dimension presque magique. Et l’on en vient à se demander pourquoi nous nous sommes tant éloignés de lui aujourd’hui…

Dans votre jardin en permaculture, l’arbre doit avoir une place centrale tant il est utile. Il vous servira à vous nourrir, produire du paillage, du fourrage, de l’ombre, des microclimats, entre autres !

À ce sujet, nous avons écris quelques articles sur les arbres, n’hésitez pas à les découvrir, notamment notre dossier sur la création d’un verger permacole.