Créer son potager en permaculture 4/17

Bienvenue dans le deuxième grand thème de notre programme, dédié au sol ! Dans l’ensemble de modules qui suit, nous allons découvrir comment jardiner en nous inspirant des principes de la permaculture. Nous nous intéresserons donc au sol, qui, plus qu’un substrat, est un allié à apprendre à connaître, à chouchouter, à améliorer au fil des années… Bref, cet ensemble de modules est absolument capital pour apprendre à jardiner AVEC la nature et non plus CONTRE elle.

Ce premier module, assez court, est dédié à la compréhension de la structure du sol.

Bonne lecture ! 😊

Module n°4 : comprendre son sol

Le sol, sur lequel nous reposons, bâtissons, marchons et jardinons, est une structure bien plus complexe qu’elle en a l’air. Il existe plusieurs types de sols, classés selon différents critères qui nous intéressent pour le jardinage : selon leur pH (acide, basique) ou encore leur granulométrie (argileux, limoneux, sableux, …). Pour faire simple, un sol est composé de deux fractions :

  • Une fraction minérale
  • Une fraction organique

La fraction minérale correspond à la roche qu’il y a dans le sol : cela peut aller des grains de sable aux feuillets d’argile. Par conséquent, vous n’avez (presque) aucun moyen d’agir sur cette fraction, car elle est liée à l’histoire de votre terrain et s’est créée en plusieurs milliers d’années. En cultivant dessus, vous allez continuer à faire évoluer votre sol, en écrivant une partie de son histoire. 😊

Pour tester de façon empirique la nature de votre sol (argileux, limoneux ou encore sableux), nous vous conseillons de consulter cette vidéo, réalisée par le bureau d’étude PermacultureDesign. Vous saurez approximativement ce dont est fait votre sol. 

 

Selon votre nature de sol, que l’on appelle la texture du sol, vous devrez envisager des stratégies différentes pour permettre à vos plantes de pousser convenablement et dégager des tendances. Par exemple :

  • les sols argileux retiennent très bien l’eau, mais mettent du temps à se réchauffer au printemps. Ils sont généralement plus fertiles, mais peuvent poser des problèmes d’asphyxie racinaire. Sur des sols argileux, on peut envisager de ne presque jamais arroser nos plantes, si l’on dispose un paillage bien épais sur le sol durant l’été. Cela serait impensable sur un sol très drainant comme les sols sableux.

  • les sols sableux retiennent mal l’eau, demandent donc plus d’arrosage en été, mais se réchauffent très vite au printemps. On peut alors réaliser de nombreuses cultures précoces, pour pallier le manque de production en été si l’on ne peut pas apporter d’eau aux cultures.
  • etc.

La fraction organique, c’est toute la matière organique qu’il y a dans votre sol : tout ce qui est vivant, mort, décomposé ou en cours de décomposition.

En somme, tous les sols sont différents, de par leur composition, leur histoire géologique et le contexte climatique dans lequel ils ont évolué.

C’est pour cette raison que certaines techniques de jardinage fonctionnent à certains endroits, mais ne fonctionnent pas ailleurs ! Par exemple, ne pas arroser son potager (et le recouvrir de matière organique à la place) fonctionne dans des sols qui retiennent l’eau, les sols argileux, mais dans des sols très sableux et peu profonds cela fonctionne bien moins !

On lit beaucoup de choses sur la permaculture, mais beaucoup de jardiniers oublient de nuancer leurs propos en présentant la méthode qui a fonctionné chez eux. Lorsque vous vous intéressez à une méthode, à une pratique, renseignez-vous sur le climat où elle a été mise en œuvre, au type de sol sur lequel elle a été réalisée etc. Ainsi, en apprenant à connaître votre sol, vous parviendrez à adapter vos pratiques pour maximiser vos chances de réussite !

Cependant, il y a un point important qui est appréciable dans tous les sols et qui détermine en grande partie la fertilité de ceux-ci.

Ce déterminant majeur de la fertilité d’un sol est le pourcentage de matière organique qu’il contient. Il se situe généralement entre 1% (sol très peu fertile) et 6/7% voire plus (sol très fertile).

Pourquoi est-ce si important ? Tout simplement parce que la matière organique retient mieux l’eau et les éléments nutritifs que n’importe quelle fraction minérale de votre sol. 1 kg de compost mûr (de la matière organique) retient en moyenne 2 L d’eau, contre 1 L pour 1 kg d’argile, et moins pour les sables et les limons.

Ainsi, même si vous évoluez sur un sol peu fertile, riche en sable, vous aurez toujours la possibilité d’ajouter de la matière organique afin d’améliorer rapidement sa fertilité.

Et c’est une chance, car la matière organique est facile à trouver et agit rapidement. Cela explique pourquoi les fameuses « buttes de permaculture » ou les cultures en lasagne fonctionnent si bien lorsqu’elles sont bien faites : on cultive directement dans un amas de matière organique, donc dans une matière capable de retenir l’eau et les éléments nutritifs !

 

Vous savez à présent de quoi est composé le sol, et vous connaissez les paramètres sur lesquels il est possible d’influer en tant que jardiniers. Dans le module suivant, nous nous intéresserons au travail biologique du sol, que l’on oppose au travail mécanique du sol.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser ! 

14 Commentaires

  1. Bonjour à tous,

    J’ai le projet de faire un potager.
    Je suis donc toutes les étapes.
    J’ai fait les testS et je n’ai pas ou presque de sable, 2mm d’argile et entre les deux 13cm de limon.
    J’arrive difficilement à faire un boudin, j’arrive à le soulever sans le casser.
    J’ai du chiendent, du trèfle et de la prêle.
    J’ai donc un PH trop élevé.
    Par où attaquer pour partir sur de bonnes bases.
    Merci pour vos articles qui son d’une aide précieuse.

    Réponse
    • Bonsoir Seb ! Eh bien, commencez par planter 😉 récupérez des graines sur internet ou ailleurs, il y a souvent des graines pas cher chez action ou noz par exemple. Semez tout un tas de choses et voyez les résultats. De nombreux légumes poussent très bien en sol calcaire. Je n’en ai pas l’expérience chez moi car c’est acide, mais j’ai fait un stage à la ferme de Cagnolle où une partie du sol est calcaire et ça pousse !

      Petit indice à vous donner : ajoutez de la matière organique et pas de cendre sur le jardin. La décomposition de la matière organique acidifie le milieu 😉

      Réponse
  2. Le problème de mon jardin est qu’il est remplis de cailloux, plus précisément des sortes de sylex, impossible de tous les retirer à chaque fois, c’est un enfer et ça forme des grosses masses de terre super dures… Je ne sais pas comment faire pour jardiner avec..!

    Réponse
    • Essayez de les enlever sur le rang quand vous faites des légumes type carotte, mais sinon cela ne pose pas de problème pour la croissance des plantes 🙂

      Réponse
  3. Hello! Super ce module. Je pense avoir un sol sableux et j’avais déjà vu cette technique de la bouteille mais je ne l’ai jamais fait. Ici c’est très bien expliqué donc je vais le faire aujourd’hui. Je vais prélever de la Terre à 2 endroits différents pour voir si les endroits que l’on a travaillé en amont sont différents. Merci pour ce module ! Au suivant 😊

    Réponse
    • Dites nous vos résultats ! 😀

      Réponse
  4. Bonjour,

    Je rattrape le train en marche suite à des problèmes de connexion, merci Guillaume pour votre réactivité!

    J’ai pour ma part un grand terrain acheté cet hivers, qui comporte des parties boisées, une zone humide, un ruisseau et deux grosses zones avec des sols très très différents.
    L’une est plutôt prairie humide envahie de carex, eupatoire chanvrière, orties…avec une terre argileuse… mais tendre.
    L’autre est une terre de remblais (c’est un ancien terrain de la sncf avec un bâtiment ) très caillouteuse, argileuse, recouverte surtout de graminées, carottes sauvages etc…avec une terre très dure, où il est difficile de faire un trou…(c’est là que les anciens propriétaire on plantés des arbres fruitiers!).

    J’étudie donc depuis un moment les différents sols et c’est un sujet vraiment passionnant.

    Nous avons commencé plusieurs buttes sur la partie de terre dure (non terminées à cause du confinement).
    par contre avec le recul l’emplacement n’est pas idéal, couloir de vent… et aussi la présence de rongeurs va certainement posé problème…
    Dans la partie type prairie, nous avons mis des bâches pour étouffer les herbes et y créer un autre potager…

    Pour l’instant il y a beaucoup de possibilités tout est à créer, et cette formation me donne plein d’idées, merci encore!

    Réponse
    • Merci pour ce message 🙂

      Votre terrain à l’air génial tel qu’il est décrit !

      Un couloir de vent peut se dévier avec des haies, cela peut ne pas être un problème, mais c’est vrai que buttes et vent ne font pas bon ménage, on aborde ca dans un des modules qui arrivent.

      Pour les rongeurs, c’est pareil chez tout le monde, pour notre part on a pas mal de perte si on laisse trainer les légumes trop longtemps. Ainsi et pour pallier à ça, on a différentes stratégies : récolter rapidement et stocker en silo, conserves, lacto-fermentation, etc. En dernier recours, le tourteau de ricin est très efficace 🙂

      Bonne soirée !

      Réponse
  5. Passionnant le sujet du sol ! Bien sûr, en balcon, ça pose d’autres problèmes car il faut apprendre à travailler un sol très peu profond et qui s’épuise vite !
    Pour le coup j’ai un balcon orienté plein sud, avec des pots, un bac en escaliers et des jardinières accrochées au balcon.

    Tous ces contenants sont composées principalement de terreau et de fumier lombricomposté, auxquels j’ajoute de temps en temps quelques matières organiques (déchets de cuisine, marc de café…) et sur lequel je laisse au maximum tout ce qui tombe des plantes cultivées pour que ça recouvre la terre non plantée et que ça vienne “enrichir” la terre, mais je fais ça de manière très empirique et je ne sais pas du tout si c’est la bonne technique.

    Aussi, chaque année je rajoute de la terre dans tous les pots puisque le niveau baisse (et oui les plantes ont bien mangé). Par contre je ne sais jamais si je dois rajouter plutôt du terreau ou du compost, si je dois essayer de soulever toute la motte pour faire cet ajout en dessous ou si je dois le déposer par dessus la terre déjà en place. J’essaie de ne pas trop brasser la terre mais je devrais peut-être mieux mélanger mes ajouts au mélange déjà existant.
    Je laisse quasiment tout ce qui pousse, champignons, adventices diverses, pour couvrir au maximum le sol et ne pas le dessécher mais je me rends compte qu’il vaudrait peut-être mieux tout pailler !
    Bref, un vrai casse-tête, avec sans doute beaucoup d’erreurs de ma part !

    Aurais-tu quelques solutions pour avoir une terre de qualité dans des petits espaces hors sol ? (Bien retenu les lasagnes du Jardin d’émerveille mais ma question évoque plutôt l’ajout de matière dans des espaces déjà installés).

    Merci beaucoup et encore merci pour ces modules passionnants qui nous apprennent plein de choses depuis 4 jours déjà !

    Réponse
    • Merci !

      Oui, ce n’est pas la même chose en balcon, il faut être super vigilant !

      Alors, pour entretenir ces substrats, je dirais que ca dépend de leur taille : s’il s’agit de gros bacs, avec des vers de terre etc, il est sans doute possible de déposer du compost en surface, les vers de terre vont l’incorporer. Pour de petits pots, le mieux est de mélanger je pense, ou au moins de griffer au moment de la plantation et d’incorporer un peu. Les arrosages couplés à la gravité permettront aux nutriments de descendre durant la période de culture 🙂

      À part ça, n’oubliez pas que l’urine est un super fertilisant, très pratique pour la culture en pot ! Dilué à 10%, elle permet aux légumes gourmands de s’en sortir dans des conditions difficiles comme la culture en pot.
      L’urine est très pratique, car on a pas a ramener de gros sacs de compost etc jusque dans l’appartement. En plus, c’est gratuit et on en a en abondance.

      Réponse
  6. Je suis ravie d’entamer cette thématique du sol !
    En mettant en terre mes premiers plants, j’ai découvert que mon sol était extrêmement argileux et surtout très très compact… Il s’agit d’une construction récente et d’un jardin jamais travaillé depuis sa mise en place, le sol est encore damé et c’était complexe de creuser les trous, ne serait-ce que de la taille des mottes de mes plants…!
    J’ai ajouté dans le fond du compost frais et un peu de terreau à la terre, mais… c’est peut-être une question bête, les racines de mes plants vont-elles réussir à se développer dans une terre aussi compacte ?…

    Deuxième question : dans le module vous dites que la terre argileuse retient mieux l’eau et qu’il faut moins souvent arroser. À quoi puis-je identifier qu’il est nécessaire d’arroser ? Car si l’aspect extérieur est sec il est donc possible que les couches inférieures soient suffisamment humides c’est cela ?…

    Merci pour ce module et pour les réponses que vous m’apporterez !! 🙂

    Réponse
    • Hello 🙂

      Elles risquent d’avoir du mal, il faudra voir comment ca se comporte la première année. On traite cela dans un futur module justement 🙂

      Deuxième question : à la tête des légumes ! Plus sérieusement, c’est pas mal de carotter le sol, regarder comment c’est à 20 cm de profondeur pour voir s’il y a besoin d’arroser. Compliqué de dire comme ça, c’est plutôt quelque chose que l’on apprend avec les années… Ici notre sol est très sableux, et on voit rapidement si les légumes ont besoin d’eau.

      Réponse
  7. Est ce que tu pourrais nous dire comment toi tu fais ta fameuse butte de permaculture ?

    Merci d’avance

    Réponse
    • On en parle justement dans un des modules, mais, je peux déjà répondre : mal ! On a mit trop de bois, pas assez d’azote, ça ne produit pas comme on le souhaiterai 🙂

      Réponse

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