Vous voulez transformer vos déchets de cuisine et de jardin en un engrais naturel ultra-efficace pour votre potager ? Le compostage est la solution idéale : simple, écologique et économique. Dans cet article, découvrez comment produire un compost maison de qualité. Nous aborderons aussi de quelles matières l’utiliser, quand et comment l’employer au potager. Enfin, nous verrons les erreurs à éviter pour obtenir un compost riche, fertile et prêt à l’emploi. Que vous soyez débutant ou jardinier confirmé, cet article vous accompagne pas à pas pour tirer le meilleur parti de vos déchets et enrichir votre sol naturellement.
Résumé – compost au potager :
– Mélangez environ 1/3 de matières sèches (brunes) et 2/3 de matières humides (vertes).
– Le compost mûr est sombre, friable et sent la terre de forêt.
– Comptez 9 à 12 mois de transformation selon conditions.
– Appliquez le compost au printemps ou en automne pour enrichir le sol.
Sommaire
C’est quoi exactement le compost de déchets verts ?
Le compost de déchets verts est le résultat de la décomposition de matières organiques végétales. Sa composition varie, mais on y retrouve généralement des restes de tailles de végétaux, de tontes, de feuilles mortes et de déchets de cuisine.
En entassant toutes ces matières en tas ou dans un bac, une transformation de la matière va avoir lieu. Des milliers de micro-organismes, des bactéries aux vers de terre en passant par de nombreux insectes vont s’activer pour dégrader et transformer ces matières fraiches en un humus stable, riche et nourrissant pour nos cultures.
Pour un bon travail de ces ouvriers de la vie du sol, il leur faudra un milieu bien oxygéné. C’est pour cela que l’on conseille de retourner ou d’aérer le compost régulièrement. (S’il est bien équilibré, un seul brassage peut néanmoins suffire à faire un beau compost). Au bout de 9 à 12 mois, tous ces résidus végétaux seront transformés en un compost prêt à l’emploi, plus ou moins mûr selon les contextes. Il pourra alors être tamisé plus ou moins finement.

Comment faire du compost facilement ?
Vous souhaitez lancer votre compost de déchets verts ? Pas de panique, ce n’est pas très compliqué mais certaines règles sont à respecter pour que tout se déroule pour le mieux.
Dans vos apports, il faudra différencier les matières brunes des matières vertes, les carbonées des azotées.
Les matières brunes (carbonées)
Dans un compost, on appelle matières brunes tous les restes végétaux riches en carbone. Du broyat de bois par exemple ou encore des feuilles mortes, des troncs de légumes ont un rapport carbone/azote assez haut et donc ont une dominance carbonée. La matière brune dans un compost est indispensable. Généralement, elle constitue entre ⅓ et la moitié des apports à faire dans son tas de compost de déchets verts. Globalement, on va chercher à tendre vers un rapport carbone/azote équilibré. Si cette notion ne vous est pas familière, je vous invite à aller consulter cet article de Terra potager sur le rapport carbone/azote.


Les matières vertes (azotées)
Par opposition aux matières brunes, les vertes sont plus tendres, plus riches en azote. On retrouve alors les tontes, les restes de cuisines. Tout ce qui est « mou » est souvent considéré comme une matière verte, azotée.
Ces matières, riches en eau, nécessitent des matières plus sèches, plus brunes pour former un bon compost. Si vous avez un bac à compost chez vous et que vous apportez uniquement vos restes de cuisine, vous en avez peut-être fait l’expérience. Toutes les semaines on apporte seau après seau et le tas ne semble pas beaucoup grossir. C’est normal, les déchets de cuisine sont des matières vertes, humides, très riches en azote avec peu de carbone. Elles auront donc tendance à rapidement se décomposer et ne produiront pas beaucoup de compost. Essayez, lors de vos apports d’ajouter un peu de matière brune à chaque apport de matière verte.
La matière optimale à utiliser pour un bon compost de déchets verts équilibrés reste le broyat de déchet vert. Il s’agit de broyat de végétaux en vert de petits diamètres. On retrouvera donc une matière avec du feuillage et du bois, parfaitement équilibrée. Si vous avez un broyeur, lors de vos tailles, ne vous privez pas !
La ressource la plus simple à trouver est souvent la feuille morte. On en trouve en quantités à l’automne et il suffit de la stocker à l’abri de l’humidité pour s’en servir toute l’année afin d’équilibrer son compost.
Quelles matières éviter ?
Dans l’absolu, vous pouvez mettre toutes les matières organiques dans votre compost. Certains apports pourtant prendront beaucoup plus de temps à se décomposer que d’autres et certains même ralentissent la décomposition. De façon générale, les produits d’origine animale (viandes, poissons, produits laitiers) sont déconseillés. Ils se décomposent mais ils peuvent également attirer des indésirables (mouches, rats…) On évite donc de les mettre dans le bac à compost.
En grande quantité certains apports sont aussi à éviter dans le compost. Contrairement à un compost industriel, nos petits composteurs de jardins ne montent pas assez en température pour tuer les graines qui s’y trouvent.

On évitera donc les plantes invasives qui sont montées à graines sans quoi on risque de se retrouver avec des repousses dans toutes nos plates-bandes. Évitez aussi certains végétaux coriaces qui ont tendance à prendre racine rapidement : ronces, lierres, liserons… Ils risquent de se marcotter et de se multiplier dans votre tas. Vous pouvez les faire sécher avant de les incorporer si vous souhaitez vraiment les composter.

Qui travaille à décomposer la matière organique ?
Dans un tas de compost, ce sont des milliers de petits ouvriers qui s’activent à transformer la matière brute en compost, riche en humus en minéraux. On retrouve d’abord toutes les bactéries qui s’activent à dégrader les matières à une vitesse folle. Il y a également les champignons qui consomment essentiellement la matière carbonée du compost. Il y a aussi des insectes comme les collemboles, les cloportes, les vers de terre qui participent activement à ce chantier. Sans toute cette microfaune, aucun déchet organique ne disparaitrait, heureusement qu’ils sont là !
Où stocker mon compost ?
Vous pouvez faire votre compost soit en tas soit en bac. La première option est la plus simple et ne demande pas grand-chose de plus d’un mètre carré au fond du jardin. Pour des raisons souvent esthétiques, beaucoup de jardiniers font leur compost dans des bacs. Si vous avez un potager, vous devez avoir beaucoup de matière organique à disposition. Pas toujours facile d’avoir qu’un bac. Il se remplit souvent bien vite dès qu’on y met ses tailles, tontes et feuilles. Je vous conseille donc d’installer deux bacs côte à côte afin de pouvoir en remplir un second une fois le premier plein. Cela permet de laisser le processus de compostage se finir en arrêtant les apports dans le bac. Si vous n’avez qu’un seul composteur, vous pouvez également souvent récupérer du compost par le bas, une trappe y est parfois installée.


Le bac mobile
Cette année, j’ai décidé de mettre en place un bac composteur déplaçable. Il fait environ 200 L et une fois plein, je n’ai plus qu’à le mettre à un autre endroit. Je viendrai directement implanter une culture à l’emplacement de tas de compost dans quelques mois. Cela permet d’enrichir bien une zone afin d’y implanter une culture gourmande. Les courges notamment se plaisent très bien dans un ancien tas de compost.
Si le compost en tas ou en silo vous intéresse, cet article de Terra Potager y est dédié !
Dans l’absolu, essayez de réfléchir au meilleur emplacement pour votre tas de compost. Si possible, il doit être pas trop loin de la maison afin de pouvoir apporter vos déchets organiques de cuisine fréquemment. Essayez également de le mettre non loin du potager, cela évitera d’accumuler trop d’allers-retours au moment où vous l’utiliserez. Pour ce qui est du soleil, il est toujours plus intéressant de placer votre compost à la mi-ombre plutôt qu’au soleil, mais faites au mieux selon l’exposition que vous aurez dans votre jardin.
Quand utiliser son compost au potager ?
Le compost est prêt à l’emploi lorsqu’il est sombre, friable et sent la terre forestière, sans traces visibles de déchets d’origine. Son utilisation au potager dépend à la fois de la période de l’année et du type de culture.
Quand l’appliquer ?
- Au printemps : juste avant la plantation des légumes, le compost enrichit le sol et stimule la croissance des jeunes plants.
- En automne : après les récoltes, il sert à préparer le sol pour la saison suivante, en améliorant la structure et la fertilité du terrain.
- Évitez d’appliquer du compost frais directement sur les racines sensibles, surtout pour les jeunes plants, afin de ne pas brûler les tissus.
Comment l’utiliser au potager ?
- Incorporation légère : étalez le compost en surface (2 à 5 cm). Mélangez-le légèrement à la terre avec une griffe ou une fourche.
- Paillage : vous pouvez aussi déposer le compost autour des plantes comme paillis nutritif. Cela aide à conserver l’humidité et à protéger le sol.
- Quantité : 2 à 5 L de compost par m² suffisent généralement pour enrichir le sol sans excès.
- Associations : combinez compost et autres amendements organiques (fumier décomposé, engrais verts) pour un sol riche et équilibré.
Astuce pratique : observez le sol et vos plantes. Si la terre est légère et fertile, le compost servira surtout de régénérateur, alors que dans un sol pauvre, il pourra être incorporé plus généreusement pour stimuler la croissance.
Pourquoi composter ?
Les déchets organiques représentent près d’un tiers de nos poubelles. D’ailleurs à partir de janvier 2024, une loi oblige les municipalités à proposer une solution de compostage à tous les ménages ! De plus, si vous avez un jardin, avoir un tas de compost évite également les allers-retours en déchetterie. Raison de plus si vous avez un potager, cette matière est en réalité une ressource inestimable pour vos légumes. En produisant votre compost, vous réduisez donc les intrants de votre potager en produisant une partie de vos amendements. Vous pouvez également produire votre propre terreau à partir de votre compost. Nous avons déjà réalisé un article sur le terreau de feuilles mortes, très utile pour les semis.

Où trouver gratuitement du compost de déchets verts ?
Lorsque l’on voit la quantité de matière que l’on met au compost et ce qu’il reste à la fin, c’est parfois décevant. Entre la matière brute et la matière compostée, on perd énormément de volume. De plus en plus de municipalités proposent gratuitement ou à prix symbolique le compost de déchets verts effectué par les organismes de collecte des déchets verts de la commune. Renseignez-vous auprès de la vôtre mais c’est généralement le cas. Si vous avez de la place chez vous, vous pouvez également essayer de contacter les entreprises d’espaces verts. Ils ont à disposition une très grande quantité de matière qu’ils mènent quotidiennement en déchetterie. Certains seront donc très heureux de venir benner directement chez vous leurs résidus de tailles et tontes. Cela peut être une très bonne solution pour amasser une grande quantité de matière organique.

Le lombricompost : une version compacte et efficace du compost
Le lombricompost est une alternative au compostage traditionnel. Il utilise l’activité naturelle des vers de terre pour transformer vos déchets de cuisine et de jardin en un amendement particulièrement riche pour le sol. Contrairement au compost classique, le lombricompost se fabrique dans un lombricomposteur. Il souvent composé de plateaux empilables dans lesquels les vers montent progressivement consommer les matières organiques. Le résultat ? Une matière sombre, fine, très riche en nutriments assimilables par les plantes. Vous obtiendrez aussi un engrais liquide appelé lombrithé que l’on peut récupérer et utiliser dilué pour arroser les cultures.
Le lombricompost présente plusieurs avantages pratiques . Il génère peu d’odeurs, peut être installé même dans un garage ou sur un balcon, et décompose les déchets plus rapidement qu’un tas de compost classique, sans avoir à retourner ou mélanger manuellement. Une fois prêt, il peut être utilisé comme amendement au potager. Par exemple en mélange à la terre lors des plantations ou en surface comme paillage nutritif. Il peut aussi être incorporé dans les trous de plantation pour stimuler la croissance des légumes grâce à sa richesse en azote, phosphore et potassium.
J’espère vous avoir convaincu d’installer un bac à compost chez vous et d’utiliser votre propre compost de déchets verts au potager 🙂





![[Article abonnés] Faire ses olives de table](https://lepotagerpermacole.fr/wp-content/uploads/2026/01/Olives-400x250.jpg)
J’adore votre revue à laquelle je suis abonnée. Je jardine depuis longtemps et c ‘est la 1ère fois que je lis une revue de jardinage aussi riche. Les apports sont à la fois théoriques et pratiques et très développés. Vous êtes vraiment extraordinaires.
Merci beaucoup Marie pour ce témoignage : ca fait super plaisir !! 🙂
A bientôt
Guillaume et Jean-Baptiste