Les mois d’août et de septembre sont le bon moment pour semer votre mâche.


Mâche, doucette, blanquette, oreillette, tels sont les surnoms affectifs, entre autres, attribués à la mâche. Pour une plante à l’origine considérée comme étant une mauvaise herbe, elle s’en tire plutôt bien. Au commencement, la mâche ne jouissait pas de la même réputation qu’aujourd’hui : elle était un met peu raffiné, glanée par les paysans dans les champs de blé qu’elle envahissait.


La mâche est redevenue aujourd’hui une verdure recherchée, notamment grâce à sa texture mucilagineuse et son goût de noisette.


Côté santé, la mâche est riche en bêta-carotène, un antioxydant. Il contribue notamment au bon fonctionnement du métabolisme du fer, du système immunitaire, de la vision, et il participe à la bonne santé de notre peau.La mâche est aussi source de vitamines B9, utile au renouvellement cellulaire, et de potassium, impliqué dans les fonctions musculaires, le système nerveux ou encore la pression sanguine.
La mâche est donc un légume à ne pas oublier de consommer cet hiver, d’autant plus qu’elle est relativement facile à cultiver !


Je l’apprécie beaucoup au potager, en partie grâce à sa faculté de se ressemer d’année en année. Je conserve quand même des graines, afin de la semer sous serre en septembre. Cultivée comme ceci, elle me procure une bonne dose de verdure durant l’automne et l’hiver.


Pour commencer, sachez qu’il existe un grand nombre de mâches différentes. Toutes forment, avant de monter en graines, des rosettes de feuilles comestibles et au goût légèrement différent selon les variétés. Toutes les mâches sont issus du genre Valerianella. Ce sont toutes de petites plantes, à végétation rapide, annuelle ou bisannuelle selon comment on s’entend sur le terme. La mâche fructifie généralement en avril/mai, nous offrant une floraison discrète mais sympathique. En plus d’être agréable, la floraison de la mâche permet également à des insectes auxiliaires de se nourrir.


On cultive à ce jour deux types de mâches différents.


Valerianella Olitaria, ou la mâche à petite graine, la plus rustique des deux. On sème généralement celle-ci en septembre, lorsque les températures commencent tout juste à baisser. En effet, les mâches à petites graines comme ‘Coquille de Louviers’ germent mieux à des températures plus basses que celles de l’été.
La mâche d’Italie, Valerianella Locusta, ou mâche à grosses graines, moins résistante au froid mais plus productive peut se semer début août sans problème si les températures ne sont pas caniculaires.


Cela dit, j’attends souvent la fin du mois d’août, voire début septembre, pour commencer à semer la mâche.
Tout simplement car il y a déjà énormément de légumes disponibles au potager, et que cela va perdurer le mois prochain.

Mais aussi, car elles germeront plus facilement grâce aux températures plus douces. En effet, la mâche est sensible à la sécheresse ainsi qu’à la chaleur. Sa température optimale de croissance se situe entre 12 et 15 degrés.


On peut alors la semer au pied des légumes d’été encore productifs. Si la terre est tassée, ça n’est pas un problème, car la mâche germe spontanément dans les cultures de céréales, ou au pied des vignes, là où le sol est dur. Je la sème à la base de mes pieds de tomates par exemple, et superficiellement : à 1 cm de profondeur. Lorsqu’elle commence à porter quelques feuilles après 3 semaines/1 mois, je taille mon pied de tomates sur 50 à 60 cm de hauteur. Cela permet à la mâche de recevoir de la lumière, et de commencer sérieusement à grossir. Lorsque le pied de tomate comment à faiblir et que je sens que les fruits encore présents n’auront pas le temps de mûrir, je coupe le pied à la base et je l’emmène plus loin, pour pailler une autre culture ou enrichir le compost. La mâche peut alors prendre le relais et se développer à sa guise.

Quelle variété choisir ?


Pour les variétés à grosses graines, vous pouvez vous diriger vers ‘à grosses graines’, ‘D’Italie’… Pour les variétés à petites graines, les variétés anciennes ‘Coquille de Louviers’, ‘Verte de Cambrai’ ou encore ‘Verte à cœur plein’ sont utilisées.
Il en existe bien sûr pleins d’autres !


Avec quoi puis-je l’associer ?


Pour vos associations de cultures, la mâche se plaît un peu partout dans le potager, avec la plupart des plantes. C’est une culture peu exigeante qui ne posera pas de problèmes en association.


Des ravageurs ou maladies ?


Pour finir, parlons ravageurs et maladies. La mâche est peu touchée par les maladies. Ses ravageurs principaux sont les limaces, la mouche des semis, ainsi que la mouche mineuse. Il est très rare qu’elle soit attaquée, ainsi si cela vous arrive, vous pouvez respecter une rotation des cultures de 2/3 ans, et simplement en cultiver une plus grande quantité : cela vous permettra, malgré les attaques, d’en récolter quand même de bonnes quantités.

Vous en savez maintenant un peu plus sur la mâche et sa culture, n’hésitez plus à la cultiver au potager !

Voici quelques repères de culture issus du guide des repères de culture.


•Type : légume feuille

•Famille : Valerianacées

•Cycle de reproduction : bisannuel

•Faculté germinative : 5 ans

•Température de germination : 15 à 20°

•Durée de germination : 12 à 15 jours

•Mode de semis : semis en godets ou en pépinière, puis plantation ou semis directement en place

•Profondeur de semis : 1 cm

•Espace entre les rangs : 10 cm

•Espace sur le rang : 10 cm

•Sol : tassé, humide

•Besoins nutritifs : faibles

•Profondeur d’enracinement : faible

•Hauteur : faible

•Température optimale de croissance : 15 à 20°

•Exposition : ensoleillée ou mi-ombre

•Durée du cycle de production : 2 à 4 mois

•Suggestions d’associations : oignon, poireau, céleri, courges, haricots, navets, pois, radis, fraisiers, aromatiques

•Délai de rotation si maladies : 2/3 ans