Sommaire

De nombreuses questions sur les engrais verts abordées

Dans ce dossier, vous trouverez tous les renseignements nécessaires pour vous lancer dans la pratique des engrais verts. De nombreuses questions seront abordées, notamment :

  • pourquoi installer des engrais verts ou des couverts végétaux
  • comment intégrer vos engrais verts dans votre potager ?
  • quelles plantes utiliser en guise d’engrais vert ?
  • comment cultiver les engrais verts et les couverts végétaux ?
  • les dates de semis des principaux engrais verts.
  • etc.

La pratique des engrais verts ne date pas d’hier : on les utilisait déjà durant l’Antiquité ! C’est, entre autres, un bon moyen de booster la fertilité de votre sol. Cependant, cette pratique n’est pas toujours facile à appréhender lorsqu’on est débutant, ou que l’on a peu de temps pour se documenter.

Ainsi, ce dossier a été rédigé pour vous, en espérant qu’il vous aide à mieux cerner cette méthode bénéfique. C’est parti !

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Pourquoi devrais-je installer des engrais verts dans mon jardin ?

Pour plusieurs raisons !

Les engrais verts sont un moyen simple de produire de la biomasse afin de nourrir son sol.

Il s’agit d’une production in situ, que vous n’aurez pas besoin de transporter. C’est du travail de gagné ! L’engrais vert cultivé sur place va, de surcroît, faire quelque chose que vous ne pourriez pas faire vous-même : injecter des racines (donc de la matière organique) de façon homogène dans les premières dizaines de centimètres du sol, ce qui va l’améliorer en profondeur.

Les engrais verts protègent le sol, et le structurent.

En effet, pour prendre soin de son sol, on ne le laisse jamais (ou presque!) à nu. Le sol à nu se tasse; une croûte de battance peut se former sur certains types de sols, empêchant alors les échanges gazeux, et l’eau de pénétrer. Aussi, les travailleurs du sol, la vie du sol, se sentent vulnérables et travaillent moins efficacement. Les engrais verts structurent le sol : les racines prospectent efficacement le sol, sur toute la surface, et créent de la porosité lorsqu’elles se décomposent. Le sol sera alors idéal pour la prochaine culture : meuble, poreux, et enrichi !

Ils jouent le rôle de CIPAN (culture intermédiaire piège à nitrates), en piégeant les éléments nutritifs.


En effet, votre sol minéralise de la matière organique. Ce faisant, il rend disponibles des éléments nutritifs pour les plantes. Ces derniers se retrouvent dans ce qu’on appelle la solution du sol : l’eau présente contient ces éléments, azote phosphore, bore, etc. Pour mieux visualiser le principe, imaginez une soupe et un bouillon cube. Le bouillon cube, c’est la matière organique, il contient les aromates (la matière organique contient les éléments nutritifs).

Les racines descendent profondément pour récupérer les nutriments lessivés par l’eau !

En fondant dans l’eau, le bouillon cube (la matière organique), va délivrer toutes ses saveurs (les éléments nutritifs). Ces saveurs seront disponibles pour le cuisinier qui va manger sa soupe (ces éléments nutritifs, en étant minéralisés, vont être disponibles pour les plantes) ! Si le cuisinier oublie sa soupe quelque part tout l’hiver, elle aura pourri et il n’aura plus qu’à la jeter. C’est pareil pour éléments nutritifs minéralisés : si ils ne sont pas consommés par les plantes rapidement ils seront lessivés par les pluies, et iront directement dans les nappes, les rivières, ruisseaux, etc. Il est donc important de toujours utiliser les ressources disponibles en les faisant “remonter” à la surface grâce aux racines de l’engrais vert : elles les assimilent, puis les font remonter dans leurs parties aériennes.

Plus tard, en se décomposant, l’engrais vert va rendre disponibles à nouveau les éléments nutritifs pour les cultures suivantes. C’est une sorte de cycle qui, au passage, nourrit les habitants du sol et stimule fortement l’activité biologique de ce dernier. C’est sur ce même principe que fonctionnent les forêts ou les prairies. La nature est bien faite, n’est-ce pas ?

Les engrais verts occupent le terrain à la place des adventices, les “mauvaises herbes”.

Lesdites mauvaises herbes ne sont mauvaises que pour ceux qui ne les connaissent pas, dit-on. C’est tout à fait vrai, la plupart sont comestibles, et même médicinales. Cela dit, je préfère les éviter au maximum sur mes planches de cultures, et les laisser se développer juste à côté, dans des zones que je laisse volontairement sauvages. Un engrais vert bien implanté va concurrencer directement les mauvaises herbes et les empêcher de se développer. C’est vous qui gérez ce qui pousse sur votre zone de culture. C’est très pratique, car si on utilise des engrais verts gélifs à l’automne, ces derniers vont mourir durant l’hiver et laisser un sol prêt-à-cultiver au printemps.

Les engrais verts attirent les auxiliaires de cultures !

Les plantes utilisées en guise d’engrais vert sont souvent mellifères, comme la phacélie et la moutarde par exemple. En les cultivant, vous nourrirez un tas d’insectes utiles au jardin ! Cela me fait mal au cœur de devoir tondre mon engrais vert alors qu’il est rempli de pollinisateurs… Je le tonds alors progressivement, au besoin, afin d’en laisser une partie pour mes insectes favoris.

Certains engrais verts nettoient le sol.

En effet, certaines plantes viennent nettoyer le sol de certains parasites, comme la moutarde, les tagètes ou encore le radis fourrager, qui lui détruit directement certaines graines d’adventices dans le sol.

Les sécrétions racinaires du radis fourrager détruisent les graines de petite oseille et de liseron.

Les engrais verts diversifient les espèces et cassent le cycle de certains ravageurs.

En cultivant des Poacées par exemple (les céréales), ou d’autres familles que vous n’avez pas l’habitude de cultiver, vous allez faire varier les effets des différentes espèces sur le sol. Cela va avoir comme conséquence, par exemple, de casser le cycle de reproduction de certains ravageurs.

Vous êtes convaincu par les bienfaits des engrais verts ? Nous pouvons passer aux détails. Mais juste avant, prenons le temps de poser quelques éléments de définition.

J’ai entendu parlé des couverts végétaux, quelle différence existe-t’il avec les engrais verts ?

Les engrais verts et les couverts végétaux sont les mêmes plantes, coupées à un stade différent.

La différence est liée au stade auquel vous allez stopper la croissance de votre culture :

L’engrais vert

• un engrais vert est coupé jeune, avant que les plantes n’aient fleuri par exemple, ou peu après. On aura alors beaucoup de matière “verte”, rapidement décomposée. L’engrais vert joue réellement le rôle d’engrais car il va se décomposer très vite et apporter rapidement des éléments nutritifs pour la culture suivante. Il va stimuler l’activité biologique du sol, mais son effet sera moindre qu’un couvert végétal qui lui, va véritablement contribuer à agrader votre sol, c’est-à-dire à augmenter son taux de matière organique (l’indicateur phare de la fertilité d’un sol).

Le couvert végétal

• un couvert végétal est coupé à un stade plus avancé : après la floraison, mais avant que les graines ne soient formées pour éviter les repousses. Cela va laisser le temps aux végétaux de durcir leur tige, de se “lignifier”. En résultera un apport en carbone plus élevé : le couvert végétal va nourrir vos plantes à court terme, mais va aussi et surtout nourrir votre sol, et contribuer à l’agrader, davantage qu’un engrais vert.

Un couvert végétal peut aussi être vivant, comme le micro trèfle ‘pipolina’ qui ne pousse guère plus haut que 10 cm (et qui donne de jolies pelouses !). On peut le semer sur une planche de culture, et venir simplement décaper avec une houe pour planter nos légumes (comme des tomates par exemple). Le trèfle va reprendre la place et le sol sera protégé.

Le couvert végétal semble être la meilleure solution, mais en pratique il n’est pas toujours aisé de laisser le temps à un couvert d’arriver au bon stade. En effet, la culture suivante devant être implantée, on choisira alors de couper le couvert au stade “engrais vert”. Essayez tout de même de laisser vos engrais verts le plus longtemps possible, les couverts végétaux sont vraiment efficaces pour améliorer votre sol, contrairement aux “engrais verts”, plus tournés vers la nutrition de la plante.

Quels végétaux peuvent servir d’engrais vert ou de couvert végétal ?

Les végétaux utilisés en guise d’engrais verts et de couverts végétaux sont nombreux :

  • la moutarde : elle croît rapidement, nettoie le sol, attire les auxiliaires. Je l’aime beaucoup, car elle germe bien, même en mars quand il fait encore froid chez moi.
  • la phacélie : son puissant système racinaire décompacte le sol et sa floraison attire beaucoup d’insectes !
  • les céréales en tout genre (maïs, seigle, avoine, blé, sorgho…) : n’hésitez pas à vous en servir. J’adore le sorgho, je le sème souvent fin juin et il peut monter jusqu’à 3,5 m en septembre ! Production de biomasse assurée ! Même chose pour le maïs.
  • les fabacées : fèves, fèveroles, pois fourrager, vesce, fenugrec, trèfles, sont indispensables dans un couvert végétal ou un engrais vert car ils apportent de l’azote (ils sont capables de capter l’azote atmosphérique et de le stocker dans le sol). Ne passez pas à côté de leur super pouvoir ! La fèverole est une plante vraiment intéressante à cultiver en engrais vert : elle produit de plus petites fèves que la fève classique, mais elle est plus rustique et pousse davantage. Le top pour un engrais vert destiné à passer l’hiver dehors !
  • la luzerne (vivace à détruire par occultation) : elle aussi est une fabacée.
  • le radis fourrager : il décompacte profondément le sol grâce à sa racine pivot très puissante. La betterave fourragère fait également le même travail.
  • le tournesol : un couvert très utile, il peut monter à plus de 3 m de haut, produit assurément de la biomasse, nourrit les insectes auxiliaires, ainsi que les oiseaux !
  • la nyger ou niger s’implante facilement, restructure le sol en un tour de main, et piège facilement les éléments nutritifs.
  • le sarrasin, lui, croît plus vite que son ombre : les mauvaises herbes n’ont qu’à bien se tenir face à ce concurrent de poids ! En effet, ce dernier produit des toxines qui inhibent la germination des graines d’adventices. De plus, le sarrasin nourrit efficacement les insectes auxiliaires. En revanche, il ne produit pas énormément de biomasse. Attention aux risques de repousses si vous le laissez monter à graines.
  • le lin, un couvert que je n’utilise pas beaucoup, mais qui a des qualités : ses racines, nombreuses et puissantes, améliorent correctement la structure du sol. Il est très efficace en sol argileux. Il se sème au printemps. Évitez le lin vivace, préférez l’annuel !
  • l’épinard, comme le conseille Gertrud Franck dans sa méthode des cultures associées. Je vous en parlais dans l’article sur les associations de l’épinard.
  • Il existe de nombreux autres végétaux adaptés aux engrais verts ou couverts végétaux comme le colza, le mélilot, le sainfoin… Vous pouvez également utiliser, comme le conseille Dominique Soltner, du mélange pour pigeon en guise d’engrais vert ! En effet, ces mélanges sont composés de plantes pertinentes à utiliser en couvert ou en engrais vert. De plus, ils sont bon marché.

Quel est le meilleur engrais vert ? Zoom sur les couverts ‘biomax’

Les mélanges biomax

Les couverts biomax, contraction de biomasse maximum, sont un concept théorisé par Dominique Soltner. Des études ont conclu que plus il y avait de plantes différentes dans un couvert végétal, plus il y avait de biomasse produite. Les plantes se partagent efficacement la place :

• sous la surface du sol : les racines, aux formes différentes, prospectent la totalité du sol et le travaillent en profondeur.

• au-dessus de la surface du sol : les parties aériennes occupent densément tout l’espace, en garantissant une production de biomasse maximale en optimisant la photosynthèse ! Les différentes plantes absorbent et redistribuent ensuite différents éléments nutritifs : la phacélie va remonter beaucoup de calcium par exemple. En mélangeant de nombreuses plantes, vous ramènerez à la surface un super cocktail vitaminé pour vos futures cultures.

En conclusion n’ y a pas d’engrais vert qui soit meilleur que les autres, la règle c’est : plus on est de fous, plus on rit !

Spécial débutants : deux recettes d’engrais verts qui fonctionnent à coup sûr !

J’en conviens, tout cela fait beaucoup d’informations à assimiler en une fois. Revenez plusieurs fois sur ce dossier si besoin, mais en attendant, n’oubliez pas de semer vos engrais vert !
Pour ne pas vous tromper, retenez que le mélange seigle/vesce est un bon couvert d’automne/hiver. Ces plantes couvriront rapidement votre sol et l’amélioreront à coup sûr ! Et davantage si vous laisser le temps aux plantes de lignifier, après la floraison.

Pour un engrais vert de saison (printemps/été), la moutarde et la phacélie conviennent très bien.

Plutôt simple, n’est-ce pas ?

Quel engrais vert pour quel type de sol ?

En achetant des mélanges, comme les mélanges pour pigeon, vous verrez bien quelles plantes prennent le dessus et se développent le mieux sur votre sol. Je vous invite ainsi à tester pendant 2/3 ans de nombreuses plantes et à déterminer ainsi ce qui vous convient le mieux. Pour mon sol sableux et acide par exemple, j’ai remarqué que la moutarde, la phacélie, le sarrasin, la vesce et le sorgho fonctionnaient très bien, ainsi que le maïs et les céréales comme le seigle.

Il existe tout de même quelques plantes dont on sait qu’elles sont plus ou moins adaptées à tel ou tel type de sols.

Voici des suggestions d’engrais verts à semer selon votre type de sol :

  • La phacélie réussirait mieux sur les sols acides à neutres.
  • Le seigle conviendrait pour les sols neutres à calcaires (et pourtant il pousse bien dans mon sol acide, ne vous privez donc pas de tester ce qui vous fait envie).
  • Le colza se comporterait comme le seigle
  • La moutarde se plairait davantage dans les sols neutres à calcaires (idem, elle pousse pourtant très bien dans mon sol acide).
  • Le lupin apprécierait les sols acides et ne supporterait pas le calcaire.
  • Le trèfle incarnat s’épanouirait davantage dans les sols faiblement acides à neutres.
Le trèfle incarnat se sème entre mi-août et mi-septembre

Quel engrais vert pour quelle période de semis ?

Selon la période de l’année, vous pouvez semer différents engrais verts. Le sorgho ne se sème qu’en été, car il apprécie les fortes chaleurs. En revanche, on pourra semer du colza ou des céréales comme le blé même en octobre, lorsqu’il fait déjà froid. Si vous utilisez du mélange pour pigeon, il peut se semer à chacune des périodes, simplement, toutes les plantes ne se développeront pas de façon optimale, ce qui n’est pas très grave. Vous pouvez y ajouter des graines de phacélie ou de moutarde par exemple pour ajouter encore de la diversité à votre mélange.

Voici quelques suggestions d’engrais verts à utiliser en fonction des dates de semis :


• Engrais vert de printemps, précoce : moutarde, bourrache, fèves, fenugrec, pois, vesce de printemps, phacélie.
• Engrais vert de printemps (dès avril ou plus tard en climat frais) ou d’été : sorgho (dès mai/juin), maïs, phacélie, sarrasin, moutarde, navette ou radis fourrager, moha de Hongrie, seigle fourrager.
• Engrais vert d’automne : seigle fourrager, blé, avoine, vesce d’hiver, ray grass italien, moutarde, radis fourrager, navette, phacélie, colza, fèverole, pois.
Ce ne sont que des suggestions, il en existe bien sûr plein d’autres.

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calendrier semis engrais vert
Calendrier de semis des engrais verts

Comment installer son premier engrais vert ?

Pour installer un engrais, on attend souvent qu’une culture soit récoltée et laisse place à un sol nu ou presque, “prêt-à-semer”. Je pense par exemple à un sorgho installé juste après la récolte des pommes de terre précoces, qui laissent après elles un sol propre, prêt à recevoir un engrais vert. Le sorgho va croître rapidement durant les mois de juillet et août. On pourra, dès septembre, le broyer et installer des plants de mâche, de choux, d’épinards ou autre !

Si votre sol est nu ou presque

Désherbez si besoin et arrosez copieusement le sol si celui-ci est sec. C’est une étape primordiale : mieux votre engrais vert germera, plus vous aurez de résultats ! Une fois le sol bien humide, il ne reste qu’à semez votre engrais vert : on le sème à la volée, en essayant de répartir les graines du mieux possible. Ensuite, on tasse le sol avec le dos du râteau, une planche, ou ce que vous aurez à disposition. Puis, pour finir, on arrose une dernière fois en fine pluie. Les graines sont bien en contact avec le sol et peuvent germer tranquillement. Si besoin, renouvelez l’arrosage tant que le couvert n’a pas germé. Il est très important de maintenir le sol humide.

Si votre sol est paillé

Vous n’avez qu’à retirer le paillage et suivre les mêmes étapes.

Si votre sol est enherbé, si c’est une prairie

Il va falloir commencer par le décaper pour mettre le sol à nu ! Vous pourriez au préalable occulter le sol pendant 8 mois à 1 an pour permettre aux plantes présentes de se décomposer et de laisser place à une terre prête (ou presque) à semer votre engrais vert.

Quelques conseils pour mieux cultiver et intégrer les engrais verts au jardin

Les légumes gourmands adorent être précédés d’un engrais vert.

Cela booste naturellement leur croissance. On peut alors en installer à l’automne, à leur futur emplacement. Plutôt que d’amender directement de fumier ou de compost (par exemple) la zone qui sera destinée à vos courges en attendant le printemps pour les planter, cultivez à l’automne un engrais vert, et mettez le fumier à composter pendant l’hiver. Au printemps, vous pourrez tondre l’engrais vert et y ajouter le fumier composté : ce sera encore plus efficace, et vos légumes gourmands se régaleront.

Travailler ses successions culturales.

Essayez d’avoir en tête les plantes qui vont se succéder sur vos surfaces de culture et les imaginer de sorte à savoir quand vous pourrez semer un engrais vert. On peut organiser à l’avance (en partie) les successions de légumes sur nos planches de culture.

La question à se poser est quelle planche va supporter quelle culture cette année ?

Premier exemple : engrais vert d’été.

Imaginons une planche n°1 sur laquelle vous semez des navets fin février/début mars. Quand vous aurez fini de les récolter, en juin par exemple, et que vous décidez que vous ne sèmerez sur cette planche que des épinards ou de la mâche en septembre, vous alors le temps de cultiver un engrais vert durant l’été. Pourquoi pas de la moutarde et de la phacélie, très efficaces à cette période, ou du sorgho !

Deuxième exemple : une autre façon d’utiliser le sorgho.

Autre exemple, qui permet de récolter 4 légumes dans l’année sur la même surface de culture, tout en cultivant un engrais vert. En janvier, vous pouvez venir planter des pommes de terre primeurs sous serre, ou semer des carottes précoces. En espaçant vos rangs de 20/25 cm, vous pouvez venir semer des radis ou du cresson entre les pommes de terre ou les carottes dès mars. Vous récolterez rapidement les radis, ou le cresson. En juin, les pommes de terre sont récoltées, et on profite du sol déstructuré pour installer un engrais vert, du sorgho par exemple. La chaleur de la serre va lui permettre de monter à 2/3 m si vous le coupez mi-septembre, ou plus tôt si vous voyez que les graines risquent d’arriver à maturité (on évite de le laisser faire ses graines afin de ne pas se retrouver envahi l’année d’après!). Une fois le sorgho broyé, vous pouvez venir planter de la mâche et des épinards. Ils produiront rapidement et malgré l’engrais vert, vous aurez quand même récolté 3/4 type de légumes sur la même surface!

Installer des engrais verts sous votre serre

La surface de serre est souvent précieuse, mais ça n’est pas une raison pour y négliger les engrais verts. On voit qu’avec un peu d’organisation comme dans l’exemple précédent, qu’une partie de la serre peut produire tout en accueillant un engrais vert. Pour de longues cultures d’été (tomate, poivron, etc), on peut choisir un engrais vert que l’on implantera en octobre : vesce, colza fourrager, seigle par exemple.

Les petites graines après un engrais vert…

Évitez les engrais verts avant une culture de petites graines. Si vous n’êtes pas équipé d’un semoir adapté, il est un peu compliqué de semer des petites graines dans un engrais vert fraîchement tondu. Il m’arrive de le faire, mais je ne trouve pas ça pratique ! Essayez par vous même pour vous faire votre avis !

Choyez vos engrais verts !

Je les arrose comme une culture normale, et j’ajoute même du compost parfois pour m’assurer qu’ils se développent bien. La fertilité emmagasinée dans l’engrais vert sera, de toute façon, redistribuée plus tard et l’activité biologique du sol n’en sera que plus stimulée.

engrais vert moutarde
Cette moutarde très jeune mesure 40 cm.

Essayez de produire vos graines.

La moutarde, le sorgho, le maïs, la phacélie etc produisent des graines en abondance. Vous pouvez en cultiver une zone spécialement dédiée à la production de graines. Ainsi, vous aurez un stock pour plusieurs années. Si l’on achète chaque fois nos graines, la pratique des engrais verts peut devenir onéreuse !

N’hésitez pas à installer un engrais vert, même si l’intervalle avant la prochaine culture est court.

En 6 semaines, un engrais vert peut pousser d’un mètre, ce sera toujours ça de prit !

Réalisez davantage de plants de légumes.

Cela décale la date d’implantation et laisse du temps de pousse supplémentaire à l’engrais vert. Par exemple, j’ai semé de la moutarde en août. Début septembre, je souhaite lancer mes semis de mâche. Je peux, au lieu de semer directement au jardin, réaliser des plants de mâche. Ainsi, je décale la date d’implantation de ma mâche puisque je pourrais la planter fin septembre. La moutarde gagne 4 semaines de croissance, ce qui est conséquent ! Fin septembre, je pourrai tondre la moutarde et planter la mâche. Du même acabit, vous pouvez commencer à semer vos engrais verts alors même que vous n’avez pas fini de récolter les légumes en place. Vous gagnerez quelques semaines de croissance !

Foire aux questions

Quel engrais vert pour concurrencer au maximum les adventices ?

• Le sarrasin, comme vu précédemment. Je confirme, il occupe très rapidement la surface si le semis est dense

• Le seigle

• Les brassicacées : moutarde, colza, radis fourrager

• Les mélanges céréaliers et légumineuses : les traditionnels blé, orge, avoine, avec la vesce, les trèfles…

Quelques mélanges pour inhiber la croissance de certaines adventices ?

• Le chiendent : Seigle (70%, 12 grammes au m²) et vesce (30%, 5 grammes au m²).

• Le chardon : Avoine (60%, 7 grammes au m²) et vesce (40%, 5 grammes au m²).

• La folle avoine : Avoine (60%, 8 grammes au m²), vesce (30%, 4 grammes au m²), ray grass (10%, 1 gramme au m²)

• La moutarde et la ravenelle : Seigle (85%, 6 grammes au m²), colza (15%, 1 gramme au m²)

Sources : Mazollier et Védie, 2008.

Comment détruire mon engrais vert ?

Les professionnels utilisent un rouleau spécial : le rolofaca. C’est un rouleau équipé de dents qui viennent « briser » les tiges, empêchant alors la sève de circuler. Le couvert va peu à peu mourir. Cette méthode est la meilleure car elle laisse l’engrais vert suffisamment intact pour qu’il joue également le rôle de paillage. En effet, si vous le broyez à la tondeuse il ne va pas en rester grand-chose. Cela dit, la tondeuse est souvent le meilleur moyen (le plus simple) pour détruire votre engrais vert.

Vous pouvez également le faucher à la faux.

Dans tous les cas, laissez les racines dans le sol, c’est la principale utilité d’un engrais vert : injecter de la matière organique profondément dans le sol, sans avoir à le faire mécaniquement. La nature, encore une fois, fait bien les choses ! Il existe aussi un outil, que vous pouvez construire facilement, qui s’inspire du rolofaca. Il est adapté au particulier qui ne dispose ni d’un tracteur ni d’une tondeuse.

Il s’agit d’une planche avec une lame de métal, le tout maintenu par une ficelle que l’on tient avec les mains. On peut ainsi briser les tiges sans machine et sans effort ! Intéressant, n’est-ce pas ?

https://digginginthedriftless.com/2011/ 06/10/crimping-cover-crops-and-cramping-weeds/

J’ai lu qu’un engrais devait être enfoui pour faire effet, est-ce vrai ?

Oui et non. Oui car si on l’enfouit, il sera plus rapidement digéré par le sol. S’en suivra une fertilisation plus rapide pour les plantes qui suivront. Cela dit, qui dit enfouir dit travailler le sol; et qui dit travailler le sol dit détruire les réseaux mycorhiziens et la porosité naturelle de votre sol, déranger la vie du sol, etc. Je ne vous recommande donc pas d’enfouir vos engrais verts : les racines sont déjà enfouies elles-mêmes ! Les parties aériennes, elles, serviront à protéger la surface du sol.

J’ai un gros problème de fertilité, je sens que mes légumes manquent de quelque chose, ils sont souvent chétifs et les feuilles semblent indiquer une carence en azote. Que faire ?

Bienvenue au club, vous avez un sol pauvre ! Pour pallier cela, vous pouvez cultiver de temps en temps des engrais verts 100% légumineuses. Semez uniquement de la fèverole en hiver par exemple. Essayez tout de même d’ajouter au moins 10% de céréales : les mélanges sont toujours plus efficaces !

Puis-je mettre des engrais verts dans mon carré potager ?

Tout à fait, c’est même conseillé ! C’est la même chose que sur un vrai sol.