Rassurez-vous, pas besoin de déménager ! L’oïdium est un nom générique qui désigne en réalité un grand nombre de champignons. Il n’y a donc pas UN oïdium, mais DES oïdiums : vos courgettes, melons, concombres, par exemple, peuvent être attaquées par Sphaerotheca fuliginosa (plutôt en extérieur), Erysiphe cichoracearum (surtout sous serre), ou encore Leveillula taurica

Le développement de l’oïdium

Certains oïdiums se développent lors de périodes sèches, comme Erysiphe cichoracearum, lorsque l’hygrométrie est peu élevée. D’autres, comme Sphaerotheca fuliginosa, préfèrent une hygrométrie plus élevée.

Ainsi, il semblerait que des successions de journées chaudes, et de nuits fraîches, sources de condensation et de rosées matinales, soient favorables au développement de ces champignons. Les températures optimales pour le développement des oïdiums sont comprises entre 23 et 30 degrés.

Comment l’oïdium se déclare ?

N’importe comment ! Même si on le voit souvent se développer sur des plants adultes, il peut attaquer vos légumes à n’importe quel stade de croissance. Les oïdiums se manifestent toujours de la même façon : des tâches blanches, à l’aspect poudreux, se développent sur les parties supérieures et inférieures des feuilles. Ces tâches attaquent d’abord le limbe, puis les pétioles, et enfin les tiges.C’est malheureux pour vos légumes, mais c’est aussi un joli spectacle que d’admirer la vie se développer. Si vous faites bien attention, lors de grosses attaques, on peut distinguer des cléistothèces : ce sont des points noirs sur les feuilles, qui correspondent au “fruit” du champignon. Ces derniers finissent par éclater et libérer des spores.

Comment éviter d’avoir de l’oïdium sur mes légumes sensibles ?

Soyons honnête : sans traitement (et même avec), vous avez de (très) grandes chances d’avoir de l’oïdium. C’est naturel, tout comme les tomates qui se couvrent de mildiou en fin de saison.Cependant, il est possible de retarder l’apparition de la maladie en suivant ces quelques conseils.

1°) Ne pas sur-fertiliser vos courgettes.

En effet, un trop plein d’azote rend vos plants vulnérables : ils poussent vite mais mal, c’est un peu comme un poulet boosté aux hormones de croissance, non merci ! Par ailleurs, l’excès d’azote sur vos légumes peut être toxique pour vous, alors rien ne vaut la fertilisation naturelle : stimuler les cycles de fertilité de votre sol en le nourrissant de matière organique. Comme cela, moins de risques de phytotoxicité !

2°) L’aération.

Elle est obligatoire pour les cultures sous serre, surtout durant l’été. Dès que les températures excèdent 25 degrés, il faut ouvrir et favoriser l’aération. Ce n’est pas compliqué : dès les premières chaleurs de juin et jusqu’à septembre, ma serre est ouverte, grande ouverte. Cela passe aussi par la gestion de la densité de vos plants : ne les serrez pas trop ! Un pied de courgette devient énorme, alors laissez leur de la place pour que l’air circule.

3°) Limitez les dégâts.

Dès les premières traces d’oïdium, supprimez les feuilles atteintes, et allez les disposer sous le paillage, un peu plus loin dans le potager. Bien sûr, il est INUTILE de les brûler : les spores d’oïdium sont présents presque PARTOUT dans votre potager, le but de la manœuvre est juste de gagner du temps.

4°) Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Plantez des courgettes (et autres) aux quatre coins du jardin : quand l’un est attaqué, l’autre ne le sera pas forcément, et la prolifération sera plus difficile.

5°) Réaliser plusieurs séries.

Je réalise par exemple plusieurs séries de courgettes dans la saison. Une première sous serre, pour avoir des courgettes à partir de mai. Une deuxième en extérieur, pour une récolte à partir de juillet. Dès que les premières courgettes d’extérieur produisent suffisamment, je détruis les plants en serre : ils ne servent plus à rien. Je cultive d’autres plantes ou un engrais vert à la place (le sorgho pousse très vite, et peut monter à plusieurs mètres en deux mois). Enfin, je sème mi-juillet une dernière série d’extérieur, que je plante à distance des premières. Cette dernière série produira en fin de saison, quand la deuxième commencera à être trop attaquée par l’oïdium.

6°) Le traitement : vraiment ?

Vous êtes maître de votre potager, et si vous souhaitez utiliser des produits phytosanitaires, vous pouvez le faire. Cela dit, je déconseille l’utilisation de ces produits, tout simplement parce que si on est bien organisé et que votre potager est résilient, vous aurez des tas d’autres légumes à récolter si une culture échoue. Cela dit, si vous souhaitez traiter, c’est possible.Le souffre et le bicarbonate de potassium sont les plus utilisés et les plus efficaces pour contrer les oïdiums. Ils sont autorisés en agriculture biologique, mais le souffre par exemple a un effet dévastateur sur certains auxiliaires, notamment les acariens prédateurs. Limitez son utilisation….

7°) Le traitement naturel.

Le produit le plus naturel est un produit à base d’huile essentielle d’orange douce, entre autres. Pour en faire un “maison” (certainement beaucoup moins efficace), déposez quelques gouttes pour 1L d’eau et pulvérisez vos plants. Le purin prêle pourrait avoir une influence sur l’oïdium, il s’applique alors en préventif.Enfin, on lit souvent que le lait pourrait aider à lutter contre l’oidium.

Je vous invite à essayer, et si vous le pouvez essayez également le petit lait, le lactosérum, qui est utilisé en vergers biologiques pour certaines maladies.

Voilà tout, vous en savez maintenant un peu plus sur ces champignons ravageurs, il ne vous reste plus qu’à expérimenter !

Envie d’aller plus loin ?

Rustica propose d’autres conseils pour lutter contre l’oïdium, et c’est une bonne chose pour vous : diversifiez vos sources d’informations !